L’Atelier au fond de la cour : entretien avec Sandrine Kukurudz, auteur du livre

L’Atelier au fond de la cour : entretien avec Sandrine Kukurudz, auteur du livre

L’Atelier au fond de la cour est le deuxième livre écrit par Sandrine Kukurudz, qui travaille dans la communication et l’événementiel depuis plus de 25 ans.
Le Centre de la Francophonie de Floride et des Caraîbes (CFFC) a pu s’entretenir avec elle afin d’en savoir davantage sur son oeuvre ainsi que sur sa génèse.
Rencontre :

 

Présentation de l’oeuvre 

Berlin, 1933. Max, jeune tailleur juif, fuit avec les siens la terreur et la haine à destination de la France, pays des droits de l’homme. C’est au cœur de Paris, dans un atelier de couture de fortune, qu’ils trouveront refuge pour construire une vie faite d’espoir, avant d’affronter de nouveau les affres de la guerre.
Aix-en-Provence, 2017. Clara, jeune styliste prometteuse, installée dans le Sud avec sa mère et sa grand-mère après le départ précipité de son père, essaie de se faire une place dans le monde fermé de la mode. Pour réussir, elle devra régler ses comptes avec ce référent absent et puiser dans ses failles la force nécessaire pour réaliser ses rêves.
Une photographie jaunie, trouvée dans la maison familiale, et un découvreur de talents, rencontré au hasard d’un voyage, réuniront les destins de Max et de Clara, à plusieurs décennies de distance.
Dans ces destins qui s’entremêlent, dans l’univers de la mode qui leur est commun, Clara et Max ne feront bientôt plus qu’un.

CFFC : Bonjour Sandrine, « L’Atelier au fond de la cour » est votre second livre. Où en êtes-vous du premier roman « La valise noire à nœuds roses », sorti en février 2018 ?

J’ai été très gâtée puisqu’au bout de 18 mois, j’ai vendu plus de 1,600 exemplaires de ce premier roman. Mes lecteurs sont essentiellement en France et aux USA, mais j’en ai aussi aux quatre coins de la terre puisque je reçois de formidables messages et photos souvenir, via les réseaux sociaux. Le livre a reçu plus de 85 avis sur Amazon dans le monde avec une note moyenne de 4.9. Ce premier roman et ce rapport aux lecteurs ont changé ma vie ! D’ailleurs chaque rencontre avec les lecteurs que ce soit lors de séances de dédicaces ou lors de conférences, est un vrai bonheur.

 

L’atelier au fond de la cour est sorti un an après. C’est pourtant une activité secondaire puisque vous êtes avant tout productrice d’événements aux États-Unis ?

Il est sorti un an, jour pour jour, après le premier, le 20 février 2019. Quand je me suis aperçue que je mettais une touche finale aux corrections de ce nouveau roman, à la mi- février, j’ai mis une pression terrible à mes correcteurs pour que je puisse le lancer à la même date. C’était un clin d’œil sympa.

Écrire est une activité secondaire dans la mesure où je ne le fais pas pour subvenir à mes besoins et où je n’y consacre pas plus de deux heures par jour. Mais avouons qu’aujourd’hui, c’est certainement ce qui me motive le plus dans mon quotidien. J’ai besoin d’écrire pour être de bonne humeur, ressentir les énergies qui me font avancer, et estimer avoir rempli pleinement ma journée.

Comment est né alors ce nouveau roman ?

Je travaillais à l’époque sur un gros projet mode. Mon mari et associé m’a proposé d’écrire alors sur le sujet en me disant que je pourrais ainsi faire le lancement du roman à la même période que l’événement.

Je me suis posée et j’y ai réfléchi et franchement je n’étais pas à l’aise pour me lancer sur une telle aventure. Oui je connaissais bien le milieu de la mode grâce à mes clients et les événements que nous avons pu produire pour eux. Mais je n’y avais jamais travaillé pleinement. Pour moi, je ne connaissais pas les subtilités du secteur et même en l’étudiant, j’aurais du mal à y placer mes personnages.

Et puis, quelques jours après, je me suis levée avec une vraie idée. Une idée qui s’est finalement imposée à moi comme une nécessité ! Mon grand-père était tailleur et mes grands-parents ont tenu, jusqu’à leur mort, un magasin de confection homme, comme on disait à l’époque. J’allais donc faire le lien entre l’histoire de Max, mon grand-père, et une jeune créatrice marseillaise d’aujourd’hui. 

Ce roman allait me permettre du coup de rendre hommage à mon formidable grand-père disparu bien trop tôt. Et ce fut une formidable motivation pour moi de m’atteler immédiatement à l’écriture de ce roman.

 

Alors, ce roman c’est l’histoire de Max votre grand-père ?

Oui et non. D’abord parce que c’est une histoire de destins croisés, un peu ma marque de fabrique. Celle de Max, dans les années 30 à Berlin, qui partira au bout du monde vivre ses rêves, et celle de Clara, une jeune styliste française, qui a du mal à percer. Une vieille photo jaunie et la rencontre avec un chasseur de talents vont faire se croiser ces destins, à un siècle d’intervalle.

Mais c’est aussi l’histoire de Max, car j’ai voulu créer un personnage qui ressemblait à ce que j’avais gardé de mon grand-père dans mon cerveau d’enfant, mais aussi qui résumait tous les formidables souvenirs racontés par la famille, durant toutes ces années. Max ressemble à mon Max. Mais il n’en a pas eu le destin. La femme de Max n’est pas ma grand-mère et son succès ne fut pas le sien malheureusement. Après je me suis attachée à raconter des moments vrais de sa vie : son évasion, ce magasin qui est celui resté dans ma mémoire et le petit appartement de son frère dans le livre, qui était celui de mes grand-parents. C’est avant tout un hommage à mon grand-père, qui n’a cessé d’être mon ange gardien depuis mes plus tendres années. Et qui l’est resté. 

 

Ce roman se passe dans quatre ville : Berlin/Paris/Aix en Provence et Melbourne. Pourquoi ces choix ?

Berlin par la force des choses puisque Max venait de cette Allemagne qui entrait dans le plus grand drame du vingt-et-unième siècle, Paris qui reste ma « maison » même si je l’ai quitté depuis 13 ans, Aix-en Provence parce que j’en suis tombée amoureuse il y a trois ans en y passant une semaine à arpenter chaque recoin. Et Melbourne ? Je n’en ai aucune idée ! Ne me demandez pas pourquoi mes personnages portent de tel ou tel prénom, vivent de telles situations et évoluent dans certains décors : cela vient de mon cerveau qui a accumulé tant de choses depuis plus de cinquante ans, qu’il a besoin d’en transmettre certaines via l’écriture. Plus sérieusement, quand Chirac a fait face à Le Pen lors de la présidentielle de 2002, nous nous étions fait le sermon –avec mon mari- de déménager en Australie si l’extrême droite prenait le pouvoir. Une réminiscence peut-être de ce vœu pieux …

Vous aviez écrit La valise noire à nœuds roses en trois semaines, chaque matin de cinq à dix heures. Comment s’est déroulé l’écriture de L’atelier au fond de la cour ?

Différemment. D’abord parce que j’avais quitté Miami pour New York, avec un rythme de vie bien différent. J’ai écrit partout où me prenait l’envie soudaine d’écrire. J’écris à l’instinct, devant la page blanche et je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer à la page suivante. J’ai donc beaucoup écrit dans le métro et j’ai aussi beaucoup raté ma station. J’ai écrit chez moi, au bureau, aux terrasses de restaurants, dans les salles d’attente… sur mon iPhone, qui a été mon cahier de brouillon fidèle.

Le troisième roman est en cours ?

Oui et le quatrième et cinquième aussi !

Le troisième se passera à Cassis, mon petit port de rêve, que j’ai découvert l’an passé. J’y retourne d’ailleurs une semaine en septembre pour reprendre un bol d’air salvateur ! Il réunira trois personnages qui se sont connus sur Twitter les nuits où Morphée tardait à se présenter. Ils avaient la passion de la région et de cette petite ville, joyau de la méditerranée. Et puis un jour ils ont décidé de tout envoyer promener et de vivre une seconde vie qui leur ressemblait. C’est un roman qui mettra aussi l’accent sur le retour aux valeurs, aux envies, à un besoin de liberté de vie. C’est aussi un roman qui démontre que quand vous changez parce que vous aspirez à autre chose, vous ne voyez plus le monde avec le même regard et cela peut être extrêmement violent car ce qui devient évident est parfois cruel….

Je travaille aussi sur un roman-témoignages : « Femmes de… », qui rassemblera sur un ton humoristique, les témoignages de toutes ces femmes qui travaillent avec leur mari et dont le rôle est bien souvent dévalorisé. On les perçoit à cette place parce qu’elles sont les conjointes de leur mari, sans se demander si elles n’ont pas rejoint l’équipe tout simplement pour leurs compétences ou si elles ne sont pas finalement à la source même de la création de l’entreprise. 

Enfin, je commence à travailler sur un gros pavé qui va me prendre plusieurs années de recherches et d’écriture. Je voudrais écrire sur l’Egypte de mon père, celle de la première moitié du dix-neuvième siècle, celle ou se côtoyaient les religions et les ethnies, celle du vivre ensemble. À l’heure où tout le monde déteste l’autre dans ce monde, il est bon de rappeler que les générations précédentes savaient parfois vivre mieux ensemble et respecter la différence de l’autre. Les Dalida, Claude François, Richard Anthony, Nagui, Guy Béart. Louis Chedid, Georges Guétary, Sam Karmann, Georges Moustaki…sont des enfants de cette Egypte multiculturelle et multicultuelle.

Une façon aussi de rappeler que le monde arabe s’est vidé de ses juifs. En Egypte par exemple, il ne reste que cinq juifs alors que la communauté était forte de 90,000 membres avant 1956. De même en Irak, en Syrie, au Yemen, en Algérie, en Tunisie. Et demain ? En Europe ? 

Mais comme je n’ai pas connu cette Egypte, alors je suis en train de réunir des centaines, voir des milliers de témoignages, avec leurs petits détails qui comptent, comme le nom des plages, celui du cinéma du quartier, la couleur des uniformes du Lycée Français, le marchand de glace, les arbres du jardin… Pour une plongée dans ces souvenirs dont il va être difficile de sortir à mon avis.

 

Ou se procurer L’atelier au fond de la cour

Sur Amazon partout où la plateforme est diffusée, donc en France et aux États-Unis bien sûr. Et sur mon site également :

www.sandrinemehrezkukurudz.com

Vous pouvez aussi suivre les aventures de mes romans sur Facebook et Instagram où je partage les photos, les messages et les avis des lecteurs.

  • Amazon USA :

https://www.amazon.com/LATELIER-AU-FOND-COUR-French/dp/1796222372/ref=sr_1_1?crid=26QBOTNL7P6OK&keywords=l+atelier+au+fond+de+la+cour&qid=1564518421&s=gateway&sprefix=l+ate%2Caps%2C176&sr=8-1

  • Amazon France :

https://www.amazon.fr/s?k=latelier+au+fond+de+la+cour&__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&crid=17628BUX1F4K&sprefix=l+atelier+au+fo%2Caps%2C247&ref=nb_sb_ss_sc_1_15

Propos recueillis par Dorian ROQUE

 

Biographie de l’auteur 

Sandrine Mehrez-Kukurudz, née en 1967, a commencé sa carrière professionnelle par le journalisme radio avant d’entrer dans l’agence de communication CLM-BBDO France. Elle fut ensuite recrutée comme Directrice de Création et Rédactrice chez RJK, par celui qui allait devenir son mari.
Depuis 23 ans, ils forment un duo complémentaire qui leur a permis de signer des événements d’exception tels que l’une des plus importantes audiences de l’année pour TF1 lors de la dernière éclipse du soleil du Millénaire ou la plus importante commémoration au monde en dehors de New York du 11 septembre 2001 à Paris, en 2011.
À New York, elle a produit Best of France à Time Square avec 500 000 visiteurs, les 70 ans du D-day en lâchant 1 million de pétales de roses au-dessus de la statue de la Liberté et travaille sur la promotion de la mode, de l’art ou du Champagne aux USA !
Maman de Salomé (20 ans) et Noa (16 ans), elle leur raconte chaque jour des histoires de famille.
Née de parents français, elle puise ses racines de l’Europe à l’orient, véritable cocktail d’influences les plus diverses, des rives de la méditerranéen égyptienne à celle d’Espagne, des villes froides de Pologne aux villages de Roumanie.

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